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Les plus longs titres de morceaux

8 octobre 2011

Après un été très chargé, je reprends enfin les rênes de Drôle de Jazz avec grand plaisir.

Pour changer, je vous propose un  jeu qui consiste à trouver les plus longs titres de chansons américaines dont je vais essayer de vous fournir une traduction française.

On peut bien sûr faire la même chose avec des chansons françaises, mais il y en a moins.

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Supercalifragilisticexpialidocious (de “Mary Poppins”, 1964). Intraduisible !

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Supercalafajalistickespeealadojus (© 1951). Intraduisible !

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You’re Just an Old Antidisestablishmentarianismist

(m. Duke Ellington – w. Don George, © 1947).  Toujours intraduisible !

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• How Could You Believe Me When I Said I Love You When You Know I’ve Been a Liar All My Life (© 1950)

Comment as-tu pu me croire quand je t’ai dit que je t’aime, alors que tu sais que toute ma vie j’ai été un menteur


• If You’re Not Completely Satisfied in Thirty Days, Your Love Will Be Cheerfully Refunded (© 1949).

Si vous n’êtes pas complètement satisfait dans les 30 jours, votre amour vous sera remboursé de bon cœur.

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I’m looking for a guy who Plays Alto and Baryton and Doubles on a clarinet and Wears a Size 37 Suit (© 1940)

Je cherche un type qui joue de l’alto, du baryton, qui double à la clarinette et qui peut porter un costume taille 37.

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She’s a Very Good Friend of a Friend of a Friend of a Very Good Friend of Mine (© 1930).

Elle est une très bonne amie d’un ami d’un ami d’un très bon ami à moi.

Un titre très mal vu chez les créationnistes américains, surtout au vu de l’illustration de partition plus bas :

When My Great Grand Daddy and My Great Grand Mammy Used to Cuddle and Coo on a Cocoanut Tree (© 1917).

Quand mon arrière grand-père et mon arrière grand-mère se faisaient des câlins sur un cocotier.

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When the Morning Glories Wake up in the Morning Then I’ll Kiss Your Two Lips Good Night (© 1927)

Quand les belles-de-jour se réveillent le matin, j’embrasse tes lèvres pour te souhaiter une bonne nuit.



You Don’t Know How Much You Have to Know in Order to Know How Little You Know (© 1909).

On ne sait pas tout ce qu’on devrait savoir, si l’on veut savoir qu’on en sait si peu.

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I Wear My Glasses to Bed Ev’ry Night So I Can See You in My Dreams (© 1931).

Je mets mes lunettes chaque soir au lit afin de te voir dans mes rêves.

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Every Little Bit added to What You’ve Got Makes Just a Little Bit More (© 1907).

Chaque petit bout ajouté à ce que tu possède, fait juste un petit bout de plus.

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It Takes a Long Tall Brown-Skin Gal to Make a Preacher Lay His Bible Down.

Il faut au moins une grande fille à la peau brune pour qu’un prêcheur laisse tomber sa bible.

Move a Little Bit of Broadway to Paris and Make the Boys Feel Right at Home (© 1918).

Emmène un peu de Broadway à Paris pour que les gars se sentent vraiment chez eux.

LE JAZZ À L’UNIVERSITÉ (suite) (6)

26 avril 2011
C'est-jeune-et-ça-ne

Quand les étudiants en saignent

Ces PERLES D’EXAMENS ont été compilées avec amour par Vincent Cotro, Laurent Cugny, Jacques B. Hess et Philippe Baudoin. Ils vous en garantissent l’authenticité.

NOTE : Les fantaisies orthographiques et la syntaxe hasardeuse voire hautement poétique ont été conservées tel quel par respect pour leurs auteurs.

 


La merveilleuse histoire du jazz (suite) :

        « [Le jazz] est né de diverses musiques américaines à savoir le blues, le ragtime et la musique européenne. »

 « Le jazz est devenu musique savante à la suite des déportations, quand la culture blanche a voulu s’y mettre. »

          « Cette musique est née de l’hétéroclictisme de ce carrefour international. »

           « En 1875, l’abolition de l’esclavage permet aux Noirs qui fredonnaient dans les champs de coton, de s’exprimer librement. »

   « En lui-même, le naigre est déjà un instrument de musique, il pouvait donc partir d’Afrique nu […] . »

« En 1917, avec l’invention du microsillon, il devient possible d’enregistrer des improvisations de jazz. »

 « Dans les débuts du jazz, l’imprimerie faisait à peine ses débuts. »

 « Le jazz fait partie des musiques du XXe siècle qui n’ont pas vraiment laissé de trace écrite. »

 « Des petits orchestres de rue, on a travaillé certains instruments que l’on a mis en valeur au fur et à mesure, en même temps pour que les musiciens puissent vivre leur art, il fallait quitter la Nouvelle-Orléans afin de se mettre en dehors de la réputation indécente de la ville-mère du jazz. »

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à la question : Quels sont les points communs entre King Oliver, Louis Armstrong et Wynton Marsalis ?

une réponse imparable : « ces trois musiciens ont joué dans des orchestres ».

La bonne réponse était bien sûr : ils sont nés à La Nouvelle Orléans et sont tous trois trompettistes (ou cornettistes).

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Ces délicieux noms de musiciens, au hasard des copie(suite) :

Les pianistes :

• Brad Mehldau devient : Bradhlau

• Fats Waller : Fats Walter ou Fast Waller

• Duke Ellington : Duke Ellingtong, Duck Ellington

• Count Basie : Count Bessie

• Herbie Hancock : Hearby Hancock, Herbis Hanckoc

• Thelonious Monk : Thetenous Monk, Théodorius Monk

• Michel Petrucciani : Michel Pettrouchiani

• Bud Powell : Bird Powell

• Martial Solal : Michel Solal

• Art Tatum : Art Tatoon

• Lil Hardin : Lili Darlin

Les bassistes :

• Oscar Pettiford : Oskar Pettfort

• Jaco Pastorius : Jaco Pastourious

• Jean-François Jenny-Clark : J.F. Kenny-Clarke

Les Standards de jazz revisités – 1

26 avril 2011
tags :
Take-the-étrennes


Les musiciens de jazz adorent jouer avec les titres des morceaux qu’ils interprètent, avec la même liberté injectée dans leurs relectures musicales et dans leurs impros.

Voici quelques transformations de titres souvent irrésistiblement irrespectueuses (parmi plein d’autres que nous vous distribuerons plus tard).

Si, par chance, vous connaissez l’auteur d’une de ces transformations suivies d’un point d’interrogation, n’hésitez pas à nous le révéler.

1. Les fausses traductions trop assonantes :

• Ainsi d’suite : Ain’t She Sweet?  (PhB)

• L’Annonce faite à Marie : Pennies from Heaven (attribué à Michel Devillers)

• Pénis pour Yvonne : Pennies from Heaven (?)

• La Joyeuse carpette : Get Happy (gai tapis) (attribué à Michel Devillers)

• Le Baudet et la sole : Body and Soul (Vraie fausse fable de La Fontaine détournée par Daniel Huck).

• L’Indien se meurt : Indian Summer (PhB)

• Les Bigoudis : Lady Be Good (parfaite contrepèterie de Boris Vian)

• Il aimait l’automne : In a Mellow Tone (Boris Vian)

• Le Blues du livide : Empty Bed Blues (PhB)

• Chez Rocky : Cherokee (PhB)

2. Quelques titres alcoolisés interdits pendant la prohibition :

• Buy Me a Beer Mr. Schoen (Bei mir bist du schoen) (?)

Heineken Give You Anything but Love (I Can’t Give You Anything but Love) (?)

Stella Valstar Light  (Stella by Starlight) (?)

My Funny Ballantine (My Funny Valentine) (PhB)

Moonlight in Vermouth  (Moonlight in Vermont) (PhB)

It’s Only a Peppermint  (It’s Only a Paper Moon)  (PhB)

… Le saviez-vous ? : quand Beer Barrel Polka (datant de 1939) passait sur les stations de radio de la NBC, le titre, tronqué, devenait Barrel Polka, pour éliminer toute référence à l’alcool !

à Suivre…

Musiques en liberté 1

17 février 2011
Toreador-Song-1

Avec cette nouvelle rubrique, Drôle-de-jazz déborde du jazz, pour aller chercher l’humour du côté de toutes les autres musiques.

Par exemple voici un avis, affiché dans les coulisses de l’opéra de Bordeaux en 1957, que m’avais communiqué Jean-Claude Forenbach. Il faut toujours réfréner l’ardeur des artistes trop enthousiastes, des fois qu’on les applaudirait (cliquez dessus pour l’agrandir):

Ces deux articles du “Canard enchaîné” d’octobre 2010  nous montrent que la musique n’est pas toujours libre partout dans le monde aujourd’hui, non mais, y manquerait plu’ qu’ça! : 

LE JAZZ À L’UNIVERSITÉ (suite) (5)

16 février 2011
Swing-à-l'école

Suplic adréçé au Ministe de l’Héducation :

Meussieur le Ministe, depuis des déssénies que les réforme de “modernisation” de l’héducation s’applic à déglinguer cète dernière, s’il vous plét, de grasse, continuez à être lacsiste, spécialement, surtou et en particulié avec l’orthograf et la saint taxe. Sinon “Drôle-de-jazz” perdra sa meilleure lubrique “Le jazz à l’université” et nos lecteurs se révolterond. Merci davansse, Meussieur le Ministe et bonjour ché vou.

Phil Baldwin, Raie d’acteur en chèffe de ce blaugue.

Quand les étudiants en saignent

Ces PERLES D’EXAMENS ont été compilées avec amour par Vincent Cotro, Laurent Cugny, Jacques B. Hess et Philippe Baudoin. Ils vous en garantissent l’authenticité.

NOTE : Les fantaisies orthographiques et la syntaxe hasardeuse voire hautement poétique ont été conservées tel quel par respect pour leurs auteurs.

La merveilleuse histoire du jazz :

« Pour le moment, une chose est sûre : l’histoire est passionnante à étudier ; à écrire c’est autre chose. »

« Au départ, le jazz ça va comme ça vient. »

« Il ne faut pas oublier que c’est grâce aux prémices du jazz que cette musique existe. »

“Les formes musicales à l’origine du jazz sont le quatuor, la musique religieuse (récit biblique), la rhapsodie, la valse, la sérénade.”

« L’origine du jazz n’est autre que les champs traditionnels africains. »

« Le jazz vient des champs de travail. » [ndlr: Dans les "chants" de coton ?]

« Le jazz est en relation avec les musiques traditionnelles par le billet de l’improvisation. »

(à suivre)

Les œuvres, les compositeurs :


« God and Moses” de Louis Armstrong. » [Go Down Moses]

« La Suite Lorraine de Earl Hines”. » [Sweet Lorraine] ->

« Sony Raulins, compositeur de Oh Léo”. » [Oleo].

« Le standard de jazz “Cleo”. » [Oleo].

« Django Rheinardts le célèbre compositeur de Caravan. »

« John Philippe Sousa est l’auteur de Strass and Stripes Forever. » [Stars and Stripes forever]

« Sousa compose Stars and Strides forever. » [Stars and Stripes forever]

(à suivre)

Ces délicieux noms de musiciens, au hasard des copies :

Quelques “troncs-pettistes” :

• Dizzy Gillespie inspire les étudiants : Dizzi Guilepsi, Desy Gilepsie, Dixie Gillepsie, Zizi Gilepsie, Gilli Gillespie, Bill Gillespille, Billes Gillespires, Gilles Pie.

• Bix Beiderbecke devient : Brix Vanderbrecke.

• Louis Armstrong devient : Armstrongue, Louis “Scratchelmouth” Armstrong.

• Miles Davis : Miles David.

• Chet Baker : Chad Becker, Cheik Baker

• King Oliver se change en King Olivier.

• Cootie Williams devient : Cookie Williams.

• Roy Hargrove: Roy Hardgrove (ndrl: traduisons par “ça groove dur”)

Un tromboniste : Kid Ory devient : Kid Orly

Chez les guitaristes :

• Django Reinhardt se transforme en : Django Edwards et Django Renart.

• Quant au bluesman John Lee Hooker,  il se nomme “dorénavrant” : Johny Hooker.

(à suivre)

Ne dites pas à ma mère que je suis étudiant en Sorbonne, elle me croit pianiste de jazz dans un bordel.

Jeux, jeux de mots (suite)

16 février 2011
Il-n'y-a-pas-de-gaité

Monsieur, Madame et leurs enfants

Monsieur et Madame Brass Band ont deux enfants :

Millie et Terry (Military brass band) (PhB)

 

Monsieur et Madame Au-feu-Meurdeur ont deux enfants :

Anna et Tommy (Anatomy of a Murder) (PhB)

 

Monsieur et madame Santu-L’étang-Faure ont un fils :

Jacques (PhB)

 

Monsieur et madame Ordemagrat ont un fils :

Jacques (PhB)

 

Monsieur et madame Tran-Try-O ont un fils :

Jean-Régis (J’enregistre en trio) (PhB)

 

Monsieur et madame Encordan-Mébra ont deux enfants :

Marinella et Oreste (Marinella, Oh reste encore dans mes bras) (PhB)

 

M et Mme Sixty-Six ont une fille :

Ruth (PhB) —————————————————->

 

Mr et Mme Toujours ton retour ont un fils :

Jacques-André (Dominique Cravic)

Jeux de mots et à peu-près :

Joe Pass en 1962 composa Passalaqua’s Roll (Dominique Cravic)

Il faut savoir que le véritable nom du guitariste est Joseph Passalaqua.

 

Quand il y a Freddie au bar, l’alcool traîne et tout le monde est rond par terre [Freddie Hubbard, Coltrane et Ron Carter] (Bernard Rabaud).

Quand le tromboniste Denis Leloup boit de l’alcool, on peut en faire une fable : Leloup et la gnôle (Patrick Bacqueville)

Charades :

Mon premier est un animal qui se prélasse sur les murs en été.

Mon second est un prénom féminin.

Mon tout est une composante essentielle de la résonance d’un corps sonore.

Les harmoniques (lézard – Monique). (PhB)

 

Une charade en anglais :

Mon premier est un coquillage.

Mon deuxième est l’endroit où l’on trouve habituellement les coquillages.

Mon troisième se trouve souvent au milieu d’un refrain ou au milieu de la bouche.

Mon tout est un superbe standard de jazz composé par Billy Strayhorn.

Chelsea Bridge * (Shell – Sea – Bridge). (PhB)

Devinettes :

• Pourquoi doit-on écouter John Coltrane avec modération ?

Parce que les “chromatismes traniens” peuvent engendrer des “traumatismes craniens”. (PhB)

 

• Que dit Horace Silver en abattant ses couleurs aux cartes ?

Pique, cœur, trèfle, Ecaroh ! (PhB) (Ecaroh est une composition du pianiste Horace Silver)

 

Quelle différence entre un championnat de football et un big band de jazz ?

Dans un championnat de foot, y a des mi-temps interminables et dans un big band des minables intermittents. (Jean Rafol)

 

Participez, envoyez-nous vos trouvailles originales.

Guide du jazz FNAC : un must !

29 janvier 2011
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A-lui-le-pompon-2

Chers amis,

Le prix Boris Gland a obtenu un succès franc et massif (plus de 1.000 visiteurs !).

Certains d’entre vous étaient même persuadés que j’avais inventé ce livre de toutes pièces et rédigé les passages cités. Rassurez-vous, ma culture n’est pas assez universelle et mon invention est limitée. Je n’aurais pu concevoir tant d’intelligentes merveilles.

D’autres parmi vous, assoiffés de savoir, ont été tellement subjugués par les passages cités qu’ils ont acheté le livre de Michel Yves-Bonnet pour en savoir plus! (j’en connais au moins deux).

Merci à vous !

Nous récidivons donc dans la haute littérature, puisque vous aimez ça, bande de pervers.

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Drôle-de-jazz est toujours fier de vous faire découvrir de grands humoristes honteusement ignorés et qui mériteraient une place au panthéon de la littérature jazziste.

Ne nous remerciez pas, cela fait partie de notre mission.

Aujourd’hui mettons en lumière l’étonnant travail qu’ont réalisé en 1999 un groupe de recherche de trois savants pour la FNAC (Fondation Notoirement Anti-Culturelle).

Saluons bien bas ces trois illustres  personnalités :

Hervé Guilleminot et Philippe Blanchet,

dirigés par Stéphane Chabenat.

A la suite d’une minutieuse étude dans le cadre du plan FNAC = ARNAC, ces trois chercheurs ont pu établir et diffuser largement dans les magasins de cette entreprise :

“LE GUIDE JAZZ : LA DISCOTHÈQUE IDÉALE EN 200 CD”


Ce “collector” de 264 pages est hélas, malheureusement, fâcheusement et cruellement épuisé.

Le lexique est un petit bijou. Quelques définitions parmi les plus réussies (le style est magnifique) :

Binaire : rythme à 2 temps utilisé dans le rock et donc dans une bonne partie du répertoire jazz-rock.

Bridge pont, phase instrumentale qui permet de joindre deux refrains ou couplets.

Growl : son tonitruant et âpre qu’effectuent les trompettistes ou trombonistes, aidés par une sourdine qu’ils placent à l’embouchure [sic] de leur instrument.

Improvisation : jeu improvisé (rythmique ou mélodique) d’un soliste sur un thème musical orchestré”.

Ragtime : musique composée pour le piano, dont le disciple fut Scott Joplin… Le style peut être considéré, au même titre que le style New Orleans, comme l’ancêtre du jazz. C’est le «swing» du ragtime qui en fait cet ancêtre, plus que la musique elle-même, composée et non improvisée.

Swing : Jazz à 4 temps (contrairement aux précédents styles, New Orleans et Chicago à deux temps)… Le terme désigne d’abord le sens inné du rythme, du groove, du feeling et de l’improvisation que possède un ensemble….

Ces trois sherpas du jazz ont particulièrement soigné le classement des musiciens par style, un modèle de précision :

Sont classés dans la catégorie Swing : Bix Beiderbecke et le MJQ.

Dans le bebop, se débattent : Dave Brubeck, Benny Carter, Herbie Hancock, Coleman Hawkins, Ben Webster, Billie Holiday, Nina Simone, Art Tatum, Fats Waller et Lester Young. Ouf!

Quant à Albert Ayler et Cecil Taylor, ils sont des hard boppers patentés, c’est bien connu.

Et enfin quelques descriptions de jazzmen d’une beauté et d’une justesse à couper le souffle :

Le Basie des années 1930 “Basie enfonçait le clou à la tête de son Big Band (sans doute le meilleur du monde) dans une configuration qui ne laissait aucune place à l’improvisation. […] Totalement efficace, monstrueusement talentueux dans ses constructions harmoniques (il est avant tout pianiste), Basie possédait aussi le sens de l’orchestration, comme le dévoile cette excellente compilation des années d’or de son Big Band.” (p. 30).

“Beiderbecke est un personnage essentiel des débuts du jazz, car il participa grandement à la diffusion du jazz “noir” parmi le grand public blanc, et sa culture musicale, jazz et classique, en fit l’un des premiers instrumentistes tentés par des nuances de jeu et d’interprétation.” (p. 31).

A propos du disque “Ballads” de John Coltrane : “”Ballads” est un des plus beaux disques de jazz, un hommage essentiel au blues originel.” (p. 56).

“Le rythme «low tempo» des compositions.” (p. 76).

Bill Evans : “un album à la fois chantant et maîtrisé mais conduit de main de maître.” (p. 79).

A bientôt, pour de nouvelles découvertes.

Allez, quand même, dites “Merci Drôle-de-jazz, merci”.

Yours truly

Phil Baldwin

Prix BORIS GLAND 2010

11 janvier 2011

L’Académie du jazz remet ses prix ces jours-ci.

Afin de s’associer à cette honorable manifestation le comité consultatif de “Drôle-de-jazz” a décidé de remettre son prix prestigieux annuel du livre le plus drôle de l’année 2010.

Le Prix BORIS GLAND

catégorie : Jazz intello

gagné à l’unanimité du jury par

Michel Yves-Bonnet,

pour son ouvrage

“JAZZ ET COMPLEXITÉ:

Une compossible histoire du jazz”

publié aux Editions L’Harmattan en 2010, 182 p.

L’auteur, nous dit la 4ème de couv. est saxophoniste, compositeur, historien du jazz, professeur dans l’enseignement supérieur. Comme vous, nous le découvrons.

L’ensemble du jury a été bouleversé par le contenu de ce livre qui  réussit l’impossible exploit de rendre compte de l’extrême complexité du jazz par  des explications encore plus machiavéliquement compliquées que le sujet abordé.

Le jury a aussi été touché par le fait que l’auteur a manifestement mis en pratique les conseils de drôle-de-jazz publiés dans notre blog sous le titre de “Comment devenir un intello du jazz?” (à relire).

Le flyer d’avis de parution de ce livre est précieux. L’auteur nous donne une définition du jazz qui nous fait jeter aux oubliettes tout ce qu’on pensait connaître sur cette musique. La remise en question est totale, jugez-en :

« Le jazz est une organisation vivante, c’est-à-dire comme l’entendait H. von Foerster, l’irréversibilité d’un flux énergétique et la possibilité d’organisation par régulation et surtout par récursion, par auto-production de soi.

Le jazz est en permanence une structure dissipative, s’auto organisant loin de l’équilibre […] Le musicien improvise toujours sur les possibles qu’il a en mémoire, tant il est vrai que le possible est à coup sûr, plus riche que le réel. Le Jazz, à l’image de la Poésie, et comme le suggère Derrida pour la Démocratie, reste une musique “à venir”, véritable utopie, uniquement réservée aux dieux. »

A la fin de cette lecture totalement déstabilisante, on prend conscience que le jazz nous est à jamais étranger, qu’il vaut mieux ne plus en écouter et surtout de ne pas tenter d’en jouer, puisque pour nous monothéistes occidentaux, c’est l’unique privilège de Dieu.          Personnellement j’ai échangé illico mes disques contre quelques compils de Tino Rossi, Dalida, Johnny et le dernier CD de Lady Gaga. J’en suis très content. Je me suis aussi remis à l’harmonica diatonique mais j’ai bouché quelques trous et ne me sers plus que de la gamme pentatonique et de la mesure à 2 temps. Quel pied ! Merci Monsieur Yves-Bonnet, I’m beginning to see the light, grâce à vous.

Le verso du prospectus déroule le sommaire de l’ouvrage, et là encore nous sommes admiratifs de la manière exemplaire dont l’auteur agence ses chapitres. Constatez par vous-même :

Chapitre 1 – LE COMPLIQUÉ VERSUS LE COMPLEXE

1.1 Le Compliqué

1.2 Vers la Complexité

1.3 Le Complexe

1.4 Les Chaoïdes et l’Art

Chapitre 2 – LE JAZZ, CHAOÏDE FACE À LA COMPLEXITÉ

2.1 L’histoire de sa complexité

3.1 La complexité de son histoire

Chapitre 3 – LE JAZZ AU-DELÀ DU JAZZ

Le Jazz Hors-pistes

Beaucoup de passages de cet ouvrage mériteraient d’être mis en exergue. Mais ne doutons pas que, dorénavant, aucun livre sur le jazz digne de ce nom, ne pourra faire l’impasse d’une ou plusieurs citations de cet auteur éclairé, qui renvoie aux ‘calanques’ grecques toute une littérature sur le sujet.

Et pour que vous ne pensiez pas que j’exagère, voici l’une des plus admirables pages de ce mémorable essai (Chapitre 3 p. 133). L’auteur y traite de ce qu’il nomme avec gourmandise et perspicacité “L’Autrement Jazz” :

« Les trois éléments de cet “Autrement Jazz” sont l’Armature, la Figure et le Contour, qui trouvent leur convergence dans le Son ; encore un triptyque, toujours du ternaire.

L’Armature constituée du thème à jouer, de la forme choisie ou contingente, de la composition même de la formation musicale.

La Figure provenant de la Forme, par la confrontation athlétique des musiciens dans “une organisation en train de se défaire“. [Citation de Paul Claudel, en note].

Le Contour et sa membrane, qui par un double mouvement d’extension vers l’Armature et de contraction volumineuse vers tout le corps maintiennent cette ondulation/modulation “Tension-détente” qui fait la richesse du jazz.

Ces trois éléments convergent vers le “Son”, le Son magique de cette musique.

Cet “Autrement Jazz” prend encore plus de signification dans le duo. Piano/saxophone, piano/guitare, piano/trompette, piano/contrebasse, guitare/saxophone, guitare/trompette, contrebasse/voix, contrebasse/contrebasse. Les exemples sont divers, qui voient Martial Solal jouer avec Eric Le Lann, Kenny Baron avec Joe Lovano, Michel Petrucciani avec Lee Konitz… »

Tous à L’Harmattan, avec 17 € ou un pesant de cacahuètes !

LE JAZZ À L’UNIVERSITÉ : Les instruments

12 décembre 2010
Soprano-trompette

Quand les étudiants en saignent

Ces PERLES D’EXAMENS ont été compilées avec amour par Vincent Cotro, Laurent Cugny, Jacques B. Hess et Philippe Baudoin. Ils vous en garantissent l’authenticité.

NOTE : Les fantaisies orthographiques et la syntaxe hasardeuse voire hautement poétique ont été conservées tel quel par respect pour leurs auteurs.

Les instruments :


La GUITARE :

« La guitard électrique. »

« La guitare joue en 4 bit. » [4-beat]

Le PIANO :

« Six mesures avec le piano planquant des accords. »

« Le piano fait des pompes. »

« Le pianiste commence alors à énoncer le thème aux demains… »

La BATTERIE : (très prisée)

« Le batteur joue des ballets. »

« Le batteur prend ses balayettes. »

« …accompagné par le batteur avec des fourchettes. »

« la cymbale charleston frappée avec fouet métallique. »

« en guise de percussion : des cymbales chabada. »

« La cymbale cha cha. »

« une batterie jouée avec des baguettes à balais. »

« Les drums sont joués avec les baguettes et les pinceaux. »

« Le drummer à la batterie semble tenir compte du CHABADA. »

« Le rythme incessant des symballes avec Ballets. »

« Le batteur joue avec des maillets et batons. des bagettes, des mayoches.  » [synthèse de plusieurs copies].

« La pédale Shirley Stone. »

« Le chabada de la Charles Eston… »

« La batterie se joue avec des ballets, des machettes et des pinceaux. »

HUMOUR, DÉLICES ET ORGUE :

« L’organum » [l’orgue Hammond].

« Orgue Hammond, guitares électriques, batterie, un peu destroy mais vachement humain. »

La VOIX :

« On a un timbre de voix rocque, éraillé… »

« La voix se fait instrument, evis versa. » [ndlr: et dans le rock, Elvis versa ?]

Le Courrier des lecteurs

11 décembre 2010
Adieu-Tristesse

Parmi nos lecteurs, beaucoup de musiciens nous encouragent, certains à leur manière : leurs mails sont courts mais brefs. Juste un “Yeah man !” lapidaire mais enthousiaste.

Sans doute ce qu’on appelle  :

“le court Yeah des lecteurs.”

 


Nos lecteurs et amis nous envoient aussi quelques drôleries qu’ils ont inventées ou récoltées :

1. Du très inventif danseur de claquettes Fabien Ruiz :

Quelques devinettes :

Quelle est la tonalité préférée des claquettistes ?

– “Le SOL”.

Quelle est la devise préférées des claquettistes ?

- “DANS LA VIE FAUT PAS CENT FERS…!”     —–>

Mr et Mme Lefilar ont une fille (qui d’ailleurs habite Londres); comment s’appelle-t-elle ?

– MONIQUE

et oui, c’est LEFILAR MONIQUE de Londres !

Comme disait NiNa Simone à NiNo Rota : Pourquoi tant de “N” ?

Les duos célèbres : François LAUDET et Boris VIAN »


2. Du pianiste de boogie woogie Jean-Pierre Bertrand :

Deux gosses dans la cour de récré :

“Qu’est qu’il fait ton Papa ?”

“Papa, il est pianiste de boogie woogie”

“et ta maman ?”

“elle travaille pas non plus !”


3. Transmis par les spécialistes de la guitare Alain Antonietto et Dominique Cravic :

Lorsque Joe passe la tondeuse l’herbe est lisse

4. Du très ellingtonien Claude Carrière :

« La musique adoucit les Beurs. »

« C’tabac du Père Golèse »

« Ce whisky Korsakov c’est cher la rasade. »

« Mon mari m’bat. »

« Mal au do: le Duc des Lombaires. »

« Ton Ray Charles, il chante pas, il braille. »

« Le critique est  celui qui connait le chemin mais ne sait pas conduire. »

(Kenneth Tynan, lui même critique)

« Jouer ‘bop’ c’est comme jouer au Scrabble en enlevant les voyelles. »

(Duke Ellington, Look magazine , 10 août 1954)

« Toute l’inspiration dont j’ai jamais eu besoin, c’est un coup de fil d’un producteur. » (Cole Porter).

5. Du pianiste collectionneur Jean-Claude Vartanian :

Cette anecdote nous a été racontée en 1978 par Marge Singleton, la femme du batteur néo-orléanais Zutty Singleton :

« Un jour, l’orchestre de Louis Armstrong, dans lequel jouait Zutty Singleton, se trouva dans la même ville que celui de Duke Ellington, chaque orchestre étant programmé dans un théâtre différent, mais les musiciens logeaient dans le même hôtel.

Imaginez… Beaucoup ne s’étaient pas vus depuis des années et décidèrent qu’après les concerts ils se retrouveraient au bar du dernier étage de l’hôtel pour, autour d’un godet, évoquer le bon vieux temps.

Ainsi, Zutty et Marge prennent l’ascenseur pour se rendre au bar. Mais arrivés à l’étage Zutty dit “Je suis trop fatigué ce soir, je redescends me coucher” Et il reprend l’ascenseur pour retourner à l’étage de sa chambre.

Après avoir discuté avec quelques amis musiciens qui lui demandent “Alors, comment va Zutty, pourquoi n’est-il pas là ?” Marge a un pressentiment. C’est vrai ça, pourquoi Zutty n’est-il pas resté, lui qui adore faire la fête, ça ne lui ressemble pas.

Elle reprend l’ascenseur, courre à la chambre, mais la clé n’ouvre pas la porte qui est fermée de l’intérieur. Elle frappe, insiste, cogne “Zutty ! Ouvre-moi !” Au bout d’un moment la porte s’ouvre, laissant apparaître une superbe blonde en déshabillé vaporeux. Marge la rembarre et se précipite vers le lit où quelqu’un tremble sous les couvertures remontées jusqu’au dessus de la tête. “Enfin, tu n’as pas honte ?” dit-elle et d’un geste rageur elle arrache les couvertures… C’est Johnny Hodges.

Elle s’était tout simplement trompée d’étage.

Quant à Zutty, il dormait paisiblement dans sa chambre. »

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